Obésité et anneaux gastriques : après 18 ans, 42% ont été retirés

Depuis plus de dix ans que l’intervention chirurgicale de l’obésité est plébiscitée, un virage à 90° s’opère : actuellement certains chirurgiens ôtent davantage d’anneaux gastriques qu’ils n’en posent. Qu’en est-il ?

Trois techniques prédominent

En France, seuls les personnes obèses ayant un IMC supérieur à 40 sont concernées par ces chirurgies bariatriques (faites vous aussi le test de votre IMC à cette adresse : http://richardabittan.com/informations-generales/calculer-mon-imc/). Depuis 2006 ce sont près de 500 000 sujets obèses qui sont passés entre les mains des spécialistes et rien qu’en 2014 c’est près de 50 000 interventions qui ont été réalisées.

Ces techniques sont au nombre de trois : la pose de l’anneau gastrique, la sleeve (gastrectomie) et le by-pass gastrique. Chacune de ces interventions correspondent à une typologie bien précise du patient. Un chirurgien digestif, le professeur Chevalier de l’Hôpital Européen Georges-Pompidou explique qu’après 18 ans de pose d’anneaux, près de la moitié (42%) ont été ôtés suite à des complications comme une intolérance ou une reprise de poids non désirée.

Il en est de même pour la sleeve qui, alors qu’elle représente plus de 60% des interventions, commence à être dépréciée à cause des reprises de poids et des brulures digestives dues à des reflux gastriques.

Ainsi, d’après les spécialistes qui avouent ”jouer avec le feu”, il manque un recul nécessaire pour s’assurer une fiabilité quant à ce genre d’opérations pourtant non anodines. Les études scientifiques répertorient un pourcentage de patients, qui se sont retrouvés face à eux-mêmes, entre 60% à 70%.

Outre manche, une étude américaine compare même les trois techniques et publie des résultats significatifs : après une période de quatre ans, une perte de poids moyenne de 30% est assurée avec le by-pass, de 20% avec la sleeve et de 10% avec l’anneau gastrique. Alors où le bât blesse t-il ?

Un suivi post-chirurgical douteux

Les sujets en surpoids sont fortement intéressés par la chirurgie bariatrique qui promet une perte de poids remarquable ainsi qu’une régression de certaines pathologies telles que les diabètes. Des paramètres liés aux comportements, aux facteurs socio-économiques et à l’hygiène de vie sont pris en compte, analysés puis intégrés dans le protocole médical avant toute prise de décision. Des spécialistes tels que des psychologues, des médecins, chirurgiens et diététiciens assurent cette prise en charge pour préparer au mieux le sujet en surpoids à sa future vie. La Haute Autorité de Santé recommande un suivi médical d’environ un an avant l’opération afin que celle-ci se présente au mieux précise le Professeur Basdevant, nutritionniste et diabétologue à l’université Paris 4.

C’est une vision des choses car en pratique, ce n’est pas ce qui est veçu par les personnes concernées même si la perte de poids se produit essentiellement les deux premières années. En effet, après ce laps de temps, la personne opérée risque de reprendre du poids : 1/3 du poids perdu est repris entre deux et huit années après l’opération médicale. Il y a aussi des sujets qui ne maigrissent pas ou qui reprennent trop rapidement du poids à cause d’un manque de suivi précise en substance le Professeur Czernichow, médecin nutritionniste.

Alors, même s’il est vrai que la chirurgie bariatrique change la vie des opérés, force est de constater qu’une confusion s’est immiscée entre chirurgie esthétique et chirurgie liée à la santé. Il faut bien comprendre qu’il y a vingt ans en arrière l’obésité était traitée pour éviter des risques pathologiques graves mais que progressivement elle a été prescrite pour des considérations purement physiques.

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